Qu'est-ce qu'un « bon » père ? Quand les orthophonistes encadrent la parentalité
BEGAIEMENTPEREPATERNITESOCIALISATIONNORMEORTHOPHONISTEPARTICIPATIONREEDUCATIONRelation enfant-pèreIMPLICATION PERSONNELLECLASSE SOCIALEGENREIMMIGREREPRESENTATION SOCIALE
N° : 3
Volume : Depuis les années 1970, la définition de la figure du « bon » père a connu de nombreux bouleversements. Cependant, peu de travaux explorent la manière dont ces évolutions imprègnent le travail des institutions et des professionnels de l'éducation et du soin. Fondé sur une enquête ethnographique menée en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et à La Réunion, par observations directes et par entretiens auprès de bègues (en particulier d'enfants), de leurs familles et d'orthophonistes, cet article examine les redéfinitions du métier de parent - et notamment de père - qui prennent place dans les cabinets d'orthophonie, afin de saisir les modalités et enjeux pratiques de l'entreprise de valorisation de leur investissement dans le travail domestique et parental. Le travail d'encadrement de la paternité est appréhendé à partir d'une approche en termes de socialisation, attentive à la fois à la production et à la réception des normes de parentalité dessinant la figure du « bon » père. Après avoir mis en évidence les représentations, chez les orthophonistes, du rôle éducatif des pères dans la division du travail parental et avoir restitué en quoi leurs conceptions de l'enfance reposent sur des normes psychologiques, cet article montre que la (re)définition du « bon » père en train de se faire est inséparable de l'encadrement du métier de mère et de pratiques de disqualification de certaines figures de l'investissement maternel. Le gouvernement des pères est différencié et n'est neutre ni du point de vue du genre ni du point de vue de la classe. [Présentation de l'éditeur]
Profil conservation : Toujours
Priorité : Moyenne